Des peptides sont vendus en ligne pour faire une « sèche » et améliorer les performances sportives.PeopleImages / iStock / Getty Images Plus / via Getty Images
L'Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) alerte sur les risques liés aux peptides proposés « sur internet, les réseaux sociaux ou via des circuits informels, notamment des entraîneurs sportifs ou des proches » [1]. Certains sont présentés comme des médicaments « alors qu'ils n'ont pas été évalués ni autorisés », rappelle l'agence sanitaire dans une actualité publiée ce 2 juillet 2026. Ces produits illégaux, présentés comme remèdes amincissants, anti-âge ou pour la récupération sportive, « font courir des risques importants pour les personnes qui les utilisent », met-elle en garde, exhortant à ne pas les utiliser (cf. Encadré).
L'Agence européenne du médicament (EMA) [2] et l'ANSM [3] avaient déjà alerté sur les risques liés à l'achat sur internet d'analogues du GLP-1 contrefaits dès septembre 2025. Le terme « peptides » est plus large et englobe des produits tels que le rétatrutide, un triple agoniste des récepteurs hormonaux du GLP-1, du GIP et du glucagon, mais aussi le BP180, le TB500, le GH, le GHK-Cu, le BPC-157 ou encore le NAD+. Ils sont le plus souvent vendus sous forme de flacons contenant un produit injectable ou de stylos injecteurs. Ces produits non autorisés sont présentés comme des compléments alimentaires, « alors que leur action dépasse celle attendue » pour cette catégorie de produits.
Des effets indésirables sévères avec hospitalisation
Leur composition est incertaine et l'ANSM rapporte de nombreux signalements après leur utilisation, « notamment le rétatrutide », précise l'ANSM. Des événements indésirables graves avec hospitalisation ont été signalés. Les risques sont plus élevés avec les produits injectables.
Les effets indésirables signalés sont à type de :
nausées, vomissements, diarrhée, douleurs abdominales ; perte d’appétit importante, déshydratation ; fatigue intense, malaise, sensation de vertiges ; atteinte hépatique ; dysesthésies ; infection au point d’injection ; réaction allergique sévère.
L'ANSM indique poursuivre les investigations afin de « prendre les mesures nécessaires, le cas échéant, pour les produits relevant de (sa) compétence ».
Encadré - Conseils à donner aux patients
Les professionnels de santé peuvent relayer les conseils suivants auprès de leurs patients :
ne pas acheter de peptides injectables, ou à avaler, ou à boire, sur internet, sur les réseaux sociaux ou par l’intermédiaire de connaissances ; ne pas injecter un produit qui n’a pas été prescrit par un médecin et qui n'a pas été obtenu en pharmacie ; ne pas se fier aux fausses promesses (perte de poids rapide, « sèche », récupération ou effet « anti-âge ») ; ne jamais utiliser un produit qui porte la mention « For research use only » ou « Réservé à la recherche » ou « Not for human use ».
En cas d'achat de produits en dehors du circuit officiel du médicament :
arrêter de les utiliser ; consulter rapidement un professionnel de santé en cas de d’effets indésirables ; en cas de détresse vitale, appeler le 15 (SAMU) ou le 18 (Pompiers).
Les utilisateurs sont invités à déclarer tout événement indésirable associé à la prise de peptides frauduleux. Même si aucun effet indésirable n'a été ressenti au moment de la consommation ou de l’injection du produit, ceux-ci peuvent survenir à tout moment.
En cas de vente de peptides sur internet et les réseaux sociaux, faire un signalement sur Pharos.